Positionnement thérapeutique – Plaidoyer pour une psychologie « intégrative »

Mets les mots à leur place, à la tienne ils te placent. Sagesse arabe

Faisant encore trop souvent le grand écart entre deux paradigmes de santé qui cheminent en parallèle sans toutefois oser franchement se croiser (même si de belles améliorations ont vu le jour ces dernières années), il me paraît important d’expliciter mon positionnement en tant que professionnelle de la psychologie qui a choisi de placer les médecines complémentaires au centre de sa pratique privée, notamment du fait de mon recours assumé aux techniques énergétiques tels que le Reiki et autres systèmes de soins (Qi Gong, magnétisme, etc.) basés sur ce concept encore exotique sous nos latitudes « d’énergie vitale ».

En effet, en tant que psychologue, j’ai été formée selon les standards académiques en vigueur dans les universités. Cela signifie que ma formation de base se réclame du système de santé officiel et qu’elle répond aux exigences de ce dernier. Or, les professions de la santé obéissent à des règles strictes en matière d’efficience des prestations fournies, ce qui est évidemment une excellente chose.

Cependant, il en va différemment dans le cadre des médecines complémentaires. En effet, même si certains organismes comme l’ASCA ou le RME veillent à instaurer une déontologie professionnelle chez les thérapeutes agréés et contrôlent la qualité des formations dispensées dans ce domaine, force est de reconnaître qu’une bonne partie des approches complémentaires sont toujours considérées de manière railleuse par la médecine officielle ; à tort ou à raison d’ailleurs, telle n’est pas la question.

Le fait est que je me situe à cheval entre deux systèmes de santé, l’un officiel et institutionnalisé, l’autre toléré mais néanmoins marginal, et que cela reste parfois délicat de me positionner entre l’un et l’autre, surtout vu l’odeur de soufre qui entoure certains praticiens de l’énergétique. Cependant, j’ai choisi d’avoir ouvertement recours à ces pratiques, d’une part parce qu’elles me passionnent et, d’autre part, parce que j’ai été témoin de leur efficacité dans de nombreux cas (y compris sur moi-même). Ces approches constituent un étonnant moyen de se reconnecter avec son être intérieur et il serait dommage de ne pas y avoir recours sous prétexte qu’elles ne répondent pas aux critères exigés par la science.

En définitive, mon avis est que tout paradigme nous offre un contexte pour réfléchir, structurer notre pensée et notre pratique, d’autant plus que cela s’avère sécurisant d’avoir un cadre connu auquel se référer. Mais, à mon sens, il arrive un moment où il faut être capable de se distancer dudit cadre, fut-il officiel ou scientifique, afin d’élargir notre regard sur d’autres systèmes de soins, d’autres manières de faire, d’autres conceptions de la santé et de la maladie. Sinon, notre regard en vient à se figer et le cadre dans lequel on évolue habituellement se transforme en prison, devenant ainsi un frein à la découverte.

C’est la raison pour laquelle j’ai fait le choix d’explorer d’autres horizons thérapeutiques et que je tiens à rester totalement libre dans ma manière de concevoir l’humain, ne me revendiquant d’aucune école de pensée, cultivant un état d’esprit d’ouverture et de curiosité à l’égard de techniques provenant d’autres cultures, même si celles-ci ne sont pas (encore) étayées sur le plan scientifique.

L’essentiel de ma pratique repose donc sur la complémentarité des approches et sur une pratique de la psychologie qui se veut intégrative.